Promotion de l'égoïsme intelligent.

29-11-2008 16:39:26

L’égoïsme intelligent ne constitue rien moins qu’une vertu cardinale et la seule base sur laquelle puisse utilement fonctionner une société civilisée. Faites aux autres ce que vous voudriez qu’on vous fît ; ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous vous fît. En définitive, à l’échelle d’une vie humaine, les bonnes actions profitent à celui qui les accomplit de même que l’auteur des méfaits finit par les payer, toujours, d’une manière ou d’une autre. Une morale qui consisterait pour chaque homme à n’agir qu’en vue de son intérêt personnel véritable ne peut donc qu’aller dans le sens d’une propagation du bien. J’aimerais d’ailleurs que l’on me cite, autocritique faite, un seul exemple d’un comportement altruiste, d’un geste généraux ne procédant pas, pour la part la plus infime même, de soucis aussi égoïstes que celui d’assurer dans l’autre monde le salut de son âme ou encore de recevoir dans celui-ci les remerciements de l’obligé et l’approbation de l’opinion publique ou encore d’éviter les tourments du remords ou encore plus simplement de se faire plaisir à soi-même par la contemplation de la joie procurée à autrui. Sans doute, poussés dans leurs derniers retranchements, les gens m’agiteront-ils sous le nez quelques sacrifices sublimes rapportés par les livres d’histoire ou par le journal d’hier. Mais deux sortes de gens accomplissent de tels hauts gestes : des mères et des amants d’une part, chez qui l’instinct ou la passion, forces irraisonnées, l’emportent sur la prudence ; et d’autre part des gentilshommes, fort lucidement décidés à demeurer coûte que coûte fidèles à la belle image qu’ils se font de leur propre personnage. Personne donc ne les obligerait à agir de la sorte ? Mais si, eux-mêmes, bien entendu !


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Pour une meilleure connaissance d'un électotat convoité..

29-11-2008 16:27:17

La mise en œuvre de la solution de captation des voix nécessite une bonne connaissance de la composition de l’électorat à séduire. Les dirigeants de la droite classique caressent l’espoir d’attirer définitivement à eux, par un discours approprié, les électeurs du Front national. Mais par quel bout faut-il prendre ces derniers ? Le talent de Jean-Marie Le Pen consista précisément à fédérer des groupes minoritaires que rien ne rapprochait, tant diffèrent leurs habitats et leurs préoccupations. Trois exemples parmi d’autres me suffiront. Qu’y a-t-il de commun entre un habitant de souche européenne des quartiers nord de Marseille, une paroissienne de Saint-Nicolas du Chardonnet et un vieux boulanger imposé dans la tranche basse de l’impôt de solidarité sur la fortune ?

Les électeurs du Front national se répartissent en effet en quatre groupes dont les habitats et les préoccupations sont très distincts. Le premier comprend les « petits blancs » des quartiers populaires excédés par les avanies que leur infligent de jeunes voyous incontrôlés ; ces nombreux électeurs-là, qui fournissent peu de militants actifs et encore moins de cadres politiques, viennent de la gauche et y retourneront une fois leur situation rétablie par des mesures d’ordre public ; ils sont sommairement antimusulmans et plus généralement hostiles aux ethnies non européennes.

Les électeurs du deuxième groupe appartiennent habituellement aux classes moyennes et habitent dans des quartiers où ils vivent paisiblement entre eux. Idéologues, ils sont partisans d’un régime très autoritaire en lequel l’expression du suffrage universel se ferait seulement sous forme référendaire et plébiscitaire ; ces électeurs-là, peu nombreux mais actifs au plan du militantisme et occupant parfois des postes en vue dans l’appareil, sont souvent sommairement et discrètement antijuifs. Certains s’allieraient volontiers avec les musulmans fondamentalistes dont ils apprécient les méthodes expéditives sans oser les imiter.

Les électeurs du troisième groupe, qui vivent souvent dans les beaux quartiers, sont des catholiques traditionalistes de la mouvance schismatique ou même fidèles au pontificat romain. Peu nombreux et parfois infiltrés par ceux du second groupe, ils se satisferaient de ce que les collectivités locales, propriétaires des lieux de culte anciens, obtiennent de l’épiscopat la mise à leur disposition de certains de ces lieux.

Les électeurs du quatrième groupe, essentiellement occasionnels, parfois assez nombreux, sont des libéraux non engagés dans la politique partisane. Appartenant bien sûr aux classes moyennes, voire supérieures, ils émettent des votes d’avertissement lorsqu’ils estiment que le gouvernement de droite classique ne rétablit pas assez vite les règles strictes de l’économie de marché. Ils sont sensibles aux cours de la bourse et ne demanderaient pas mieux que de voter autrement.


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Le communautarisme? Pourquoi pas?

29-11-2008 16:13:16

Le communautarisme ? Mais pourquoi pas ? Observateur privilégié dans les années soixante, j’ai vu fonctionner au Maroc, en matière de statut personnel, ce système sans jamais constater d’injustice qui lui soit consubstantielle. Pour leurs litiges familiaux et notamment conjugaux, les musulmans s’adressaient à leurs tribunaux coraniques, les juifs à leurs tribunaux rabbiniques (qui appliquaient, si je me souviens bien, la coutume de Tolède), les étrangers ressortissants de pays à christianisme d’Etat aux tribunaux de leurs confessions respectives et par exemple à l’officialité de l’archevêché de Rabat (qui appliquait bien sûr le droit canon). Quant aux autres, ils s’adressaient à des tribunaux dits curieusement modernes, où j’avais le plaisir de siéger ; chacun y bénéficiait de sa loi nationale.

Dans la mesure où, comme cela serait le cas dans les pays à tradition démocratique, chacun serait libre de son affiliation communautaire (ou de sa décision de se soumettre à un droit valable pour les «indépendants») et pourrait la révoquer, je ne vois pas très bien où résiderait la nocivité de ce système, l’axiome selon lequel la loi doit être la même pour tous relevant, tout au moins en matière de statut personnel, de la pétition de principe. L’appartenance volontaire à une communauté organisée n’entraîne nécessairement ni la haine à l’encontre des membres des autres communautés ni le refus de la nation, réalité fondée sur d’autres critères. Je rappelle incidemment qu’il existe en France plusieurs régimes matrimoniaux et que le régime dotal séparatiste coranique, si on le rajoutait, à la grande satisfaction des musulmans, en le précisant facultatif, ne déparerait pas cet ensemble juridique déjà divers.


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